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Tender Forever – Wider

Même les chroniqueurs les plus expérimentés de la presse musicale internationale s’y sont repris à 2 fois avant de cataloguer Tender Forever, à vous de choisir : émo-pop, R’n’B lo-fi, folktronica, électro-folk indé…! Au lieu de chercher à tout prix de définir chacun de ces styles musicaux pour tenter de lui coller (trop rapidement) une étiquette, essayons plutôt de pénétrer l’univers de ce groupe extraterrestre fraîchement débarqué sur la planète indé. D’ailleurs peut-on vraiment définir Tender Forever comme étant un groupe au sens strict du terme, vu que c’est un groupe uni-personnel ? Mais avouez que s’appeller Mélanie Valera, ça le fait tout de suite moins…! Ce « détail » étant désormais éclairci, revenons en à la musique que distille cette compatriote originaire du Bordelais et qui fait fureur outre-Atlantique. Armée d’un clavier et d’une guitare, « Mel » en digne bricol-girl construit ses propres morceaux sur scène à la « Do It Yourself » (Nosfell, Siméo…). Mélânt aisément petites comptines innocentes et spontanées, et caricatures musicales de Justin Timberlake ou de Beyonce, le résultat est unique en son genre ! Faut dire que le côté bricolo (orchestrations sommaires, choeux approximatifs…) fait prendre tout son sens aux mélodies fragiles et pourtant si pleines de vie de Tender Forever…

Tender ForeverWider, 2005

FéFé

Après avoir roulé leur bosse de nombreuses années dans les rues, places publiques et autres débits de boisson de la Rochelle, les Petites Bourrettes ont décidé de poser leurs valises sur scène en 2003 avec un premier album studio « Comme des rois » et son revigorissime « On rigolera ». Ces 6 multi-instrumentalistes itinérants ont remis au goût contre-bassine, entonnoir-trompette et carton-grosse caisse à la manière des Poubelles  Boys. Mais ne vous y trompez pas, leur swing déménage tout autant que celui de leurs aînés…! Inspiré d’une expression d’argot renvoyant à ces personnes qui, une fois saoûles, savent garder leur bonne humeur, le nom du groupe colle à la peau de la musique aux sonorités tantôt jazzy, tantôt tziganes. Leur côté fanfaron et leur art de l’auto-dérision déteignent sur le public qui sort du concert le sourire jusqu’aux oreilles ! Si, si, preuve à l’appui : leur dernier opus, un double album CD/DVD live « Bagarre générale ». A écouter ces morceaux de vie empreints de légèreté, de réalisme et de sensibilité, et mis en musique à la sauce rock’n roll, on n’en sort pas indemnes… Attention à l’overdose de bonne humeur et de moral au beau fixe !

Les Petites BourrettesBagarre générale, 2007, Adone

FéFé

Le retour du groupe de C.Abraham à la batterie!(OK, son sosie) Et je le redis après l’écoute de ce nouvel opus : allez les voir en concert,même si vous n’aimez pas la pop miousic! C’est un des derniers (le dernier?) groupes de pop avec une énergie qui défriserait même Mimi! Et ces voix, mes aïeux : une superposition harmonique de toute beauuôôôté appuyée juste ce qu’il faut par les autres instruments. Autant le premier morceau fait un peu Arcade Fire sur les bords, autant le reste prend son envol : le tubesque “Black Cat White Cat”, les breaks vocaux et le final de “I Suppose”, l’électro-pop “A Shelter”, le refrain et le pont de “Hey Darling”… Le trio grenoblois est tellement en confiance qu’il s’autorise la liberté d’intermèdes de grande quaité (“Berlin, “In a Car”), et ça paye : s’il n’y a qu’un groupe pop à écouter pour essayer, c’est définitivement Rhesus.

Hey Darling

RhesusThe Fortune Teller Said, 2007, SPV

Kazi

Oceansize – Frames

Peut-être vous souvenez-vous de la pub Orange avec son petit poisson perdu au milieu de l’océan? Et bien la musique, c’est eux! 2 ans après “Everyone into Position”, Oceansize propose à nouveau son cocktail de rock/metal (oui Carlota, ça sent un peu le “progressif”, condoléances^^) saupoudré de guitares éthérées et saturées. Certes, les morceaux sont tous construits selon le même plan, à savoir intro/montée/intensité mais le tout est élaboré avec une telle alchimie que cela fonctionne : les mélodies sont magnifiques, les paroles pas dégueux, les arrangements léchés, la basse vrombit, la batterie est tour à tour fine et tribale…Il y aussi cet ovni à la fin du disque,”Sleeping Dogs and Dead Lions”, foncièrement métal, incisif et nerveux, qui surprend par son opposition au reste et laisse une empreinte bizarre. Dommage que l’évolution du groupe vers la simplification ne soit pas plus franche. Alors bon, je leur pardonne volontiers vu les perles que sont “Commerative 9/11 T-Shirt”, “Unfamiliar” et “Frames”, mais seulement pour cette fois.

Unfamiliar

Oceansize - Frames, 2007, Superball

Kazi

Après l’adieu au suffixe « Salska » en 2003 et 2 albums studio plus que moyens (« 24 images seconde » et « La trajectoire de l’homme canon »), on aurait pu penser que la Ruda était définitivement tombée dans le pop-rock cuivré… Finis les concerts de folie et l’écoute en boucle de leur album live (« La Ruda Salska en concert ») qui ont fait pogoter et slamer toute une génération (ou pas…) ! Toujours est-il que le virage pop-rock abordé par le groupe en a déçu plus d’un, en premier lieu tous ceux qui regrettaient le ska-rock cuivré bien péchu des débuts ! Certains verront dans cet album acoustique un strict intérêt lucratif : c’est vrai, vous me direz, réarranger ses morçeaux d’anthologie à la sauce instrumentale pour faire du chiffre, d’autres l’ont fait avant eux, Johnny, Eddy, Claude… Et pourtant, cet album ne passe pas inaperçu : exit le gros son des cuivres et des guitares à faire exploser les tympans, la Ruda joue désormais dans la cour de la finesse et de la délicatesse si, si…! Du coup, on apprécie plus les paroles (même mieux, on les comprend…) et la musique est plus légère et moins agressive. Pour un peu, on se croirait assis dans un cabaret des années 1930 à écouter un orchestre jazzy, en costard blanc, la rose à la boutonnière, à l’époque où Paris s’appelait encore Paname… Bref, un groupe mythique à (re-)découvrir absolument !!!

La Ruda Les Bonnes Manières, 2007, Irfan le Label.

FéFé

« Pas la peine d’avoir des dreads ou une crête sur la tête pour être un rebelle… », dit la chanson. La preuve en image avec Matisyahu Miller ! A la fois israélite orthodoxe fervent pratiquant avec tout l’attirail nécessaire : barbe, rouflaquettes, kippa… ; et reggaeman à la voix envoûtante et roots à souhait… Avouez que le parallèle est saissisant ! Et pourtant, après être passé pour un original dans la sphère reggae outre-atlantique, il est en passe de devenir un véritable phénomène bien au delà de New-York, la ville de ses débuts. Pour preuve, la chanson phare de cet album, « King without a crown », resta plusieurs semaines dans le Top 10 américain à sa sortie ! Les puristes feront le rapprochement avec Groundation, Steel Pulse ou encore Linton Kwesi Johnson… En clair, le petit jeune n’a rien à envier à ses ainés rastafaris : faut dire que Matisyahu mélange à merveille reggae roots traditionnel, hip-hop et beat-box ! Bref, un savant mélange des styles qui j’espère ne laissera personne indifférent… Dites, M. Matisyahu, c’est quand que vous venez jouer en France ?!

Matisyahu Live at Stubb’s, 2005, JDub Records

FéFé

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